Histoire

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La naissance de notre centre de recherche est l’oeuvre de Gabriel Richet, un des fondateurs de la Néphrologie moderne. En 1960, Gabriel Richet quitte Jean Hamburger et l’hôpital Necker pour l’hôpital Tenon, où avec Raymond Ardaillou et Claude Amiel, ses deux premiers assistants, il fonde une grande école de Néphrologie composée de deux Services de Néphrologie, un service d’Explorations Fonctionnelles et à partir de 1964 une Unité Inserm, U64 « Néphrologie normale et pathologique ».

Gabriel Richet va se consacrer à la recherche en physiopathologie rénale et, avec ses collaborateurs, il identifie, par leurs caractéristiques histologiques et la mise en évidence de protéines spécifiques par immunofluorescence, de nombreuses néphropathies glomérulaires. Il découvre les cellules claires et sombres du tube distal du néphron, appelées ensuite principales et intercalaires, et démontre que les secondes jouent un rôle essentiel dans l’excrétion des protons. Il étudie également la protéine de Tamm Horsfall ou uromoduline et son excrétion à partir de l’anse de Henle. Il consacrera également de nombreux travaux à l’excrétion urinaire d’acide urique, de calcium et au démembrement des glomérulopathies primitives (maladies qui touchent les glomérules rénaux).

Raymond Ardaillou succède à Gabriel Richet et dirige l’U64 entre 1985-1997. Ses recherches sur la physiologie et la physiopathologie du glomérule rénal seront pionnières. On considérait jusqu’alors que le glomérule se comportait comme un filtre passif. Avec ses collaborateurs, Raymond Ardaillou apporte la preuve que le glomérule est un système très complexe, avec des cellules de type et de fonctions différents obéissant à un contrôle hormonal, et qu’il est également le lieu de synthèse de molécules particulières. Entre autres, son équipe est la première à démontrer l’existence des récepteurs de l’angiotensine dans les glomérules et à étudier leur rôle.

Raymond Ardaillou s’intéresse ensuite aux facteurs vasoactifs et au rôle de l’apport alimentaire en sel dans le développement de la pression artérielle. Avec ses collaborateurs, il met en évidence le rôle majeur profibrosant de l’angiotensine II et de l’endothéline, indépendamment de leurs effets sur la pression artérielle. Il montre que l’augmentation au long terme de la teneur en sel du régime chez les chimpanzés accroit de façon durable la pression artérielle de ces animaux.

Pierre Ronco succède à Raymond Ardaillou en 1998. Pendant son mandat, l’Unité évolue aussi bien au niveau thématique qu’ administratif: d’abord Inserm U 489 « Remodelage et fibrogenèse du tissu rénal » (1998-2004), puis unité mixte de recherche Inserm 702/université Pierre et Marie-Curie « Remodelage et réparation du tissu rénal », (2005-2013), et actuellement UMR S 1155 « Des maladies rénales aux maladies fréquentes, remodelage et réparation » (2014-2018).